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31
janvier
dimanche

LE MALI INITIATIQUE (annulation covid)

31 janvier @ 17 h 00 CET

Dimanche 31 janvier à 17 h / Le gouvernement ayant fermé les théâtres au public jusqu’au mois de février, cette représentation a malheureusement dû être annulée. Une alternative en distanciel est envisagée.

Installation, danse, film, débat
dans le cadre de l’EMFEST (Essonne-Mali Festival)

Une programmation à l’Arlequin du Théâtre Brétigny (Dedans-Dehors)

Tout public à partir de 10 ans

À la découverte des confréries initiatiques du Manden

En ouverture, la performance dansée La danse des korèdugaw, autour d’une installation de sculptures du jeune plasticien Ibrahim Bemba Kébé, avec le danseur Modibo Konaté. Une évocation contemporaine de la confrérie Korè et de ses bouffons sacrés.

Ensuite le film L’envol du chasseur (52 mn), du réalisateur et anthropologue Alexandre Bonche, autour de la confrérie cynégétique des donsow, en présence du réalisateur qui échangera avec le public après le film.

1 – La danse des Korédugaw (performance) 

 

Premier épisode de cette plongée dans le Mali initiatique, la performance « La danse des Korèdugaw », (environ 15 mn), par laquelle deux jeunes artistes contemporains expriment à travers des langages artistiques d’aujourd’hui le patrimoine porté par la confrérie du Korè (environ 15 mn).

Cies BaroDa/Culture en partage (ex-BlonBa) et Collectif Sanou’Art

Avec Ibrahim Bemba Kébé, sculpteur, et Modibo Konaté, danseur

Photos © Sam Prod

 

Une installation

          

« La danse des korèdugaw » est une installation du jeune plasticien malien Ibrahim Bemba Kebe. L’œuvre s’inspire d’une société initiatique qui a tenu une place importante dans les institutions du Manden et qui est dépositaire d’un patrimoine culturel, éthique et spirituel de haute valeur, les korèdugaw. Les korèdugaw sont inscrits sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO nécessitant une sauvegarde urgente.

 

Une performance

Cette installation a inspiré une performance de danse contemporaine dans laquelle le danseur et comédien Modibo Konaté mariera ses gestes et ses mouvements à ceux dans lesquels Ibrahima Kébé a fixé ses personnages.

 

Tout public

La nature de l’installation, son lien avec l’histoire culturelle du Mali, le « pittoresque » des processions d’initiés korèdugaw bien rendu dans l’installation d’Ibrahim Bemba Kébé attirent inévitablement l’attention et la curiosité. Le vocabulaire gestuel du danseur Modibo Konaté, librement adapté du patrimoine chorégraphique de la confrérie, renforcera l’accessibilité de l’œuvre. Une prenante initiation contemporaine à un patrimoine séculaire destinée à tous les âges et à tous les publics.

 

2 – L’envol du chasseur (film documentaire) 

La séance se poursuivra avec la projection du film de l’anthropologue et réalisateur Alexandre Bonche L’envol du chasseur (52 mn)

La confrérie des donsow (souvent traduit par « chasseurs en raison de leur forte activité cynégétique) étend son influence à toute l’Afrique de l’Ouest. Elle remonte à la fondation des grands ensemble politique de cette partie du monde et est à l’origine de la Charte du Mandé (1236), une puissante affirmation politique des droits humains et politiques. Huit siècles plus tard, la confrérie est toujours aussi vivante et active.
L’envol du chasseur raconte l’histoire de l’initiation d’un de ses membres, Yacouba, par son maître Diakaridia.
En invitant à les suivre, Alexandre Bonche nous fait plonger dans l’univers de la confrérie, dans un monde qui dépasse le cadre des frontières ou des Etats modernes. Le film nous fait entrer dans un univers de pensée et un patrimoine culturel qui alimentent toujours la vie sociale et intellectuelle du Mali.

Un film d’Alexandre Bonche, avec Jean-Michel Corrillon, Guillaume Vincent et Agnès Manzon – Production Les Films du rêve – Diffusion ARTE-France – avec la participation du CNC et de l’IRD audiovisuel.

ALEXANDRE BONCHE – Anthropologue et réalisateur impliqué

Alexandre Bonche cumule les compétences d’anthropologue et de réalisateur. Il est l’auteur de nombreux documentaires réalisés pour beaucoup en Afrique. Il enseigne l’ethnologie, et la réalisation audiovisuelle à l’Université Lumière Lyon 2.

 

3 – Débat avec le réalisateur 

La projection du film sera suivie d’un débat avec le réalisateur.

Réservations recommandées

Notre théâtre ne compte que 84 places, il est donc prudent de réserver. Les billets sont achetés sur place au tarif de 2€, 5€ ou 10 € au choix du spectateur, 1€ pour les moins de 12 ans. Le placement est libre. Les places réservées doivent être retirées 10 mn avant le spectacle. Ensuite, elles peuvent être remises à la disposition du public. Pour réserver, téléphonez au 01 69 25 49 15 ou cliquer dans l'espace vide sous la flèche.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES KORÈDUGAW

LES FACETIEUX KORÊDUGAW

Des initiés symboles d’une philosophie de la vie au Mali

Salia Malé

La société d’initiation du Korè, l’une des grandes confréries universelles à l’aire culturelle manding, est en voie de disparition. Partout où le Korè existait, tous les garçons devaient “être tué au Korè », c’est-à-dire vivre la « mort symbolique », selon un cycle septennal. Le Korè est le stade ultime d’un véritable cursus éducatif qui visait à construire, au niveau du sujet et du groupe, l’identité masculine et collective.

Les initiés du Korè sont affectés à différentes classes ayant chacune leurs symboles : les Surukuw (Hyènes), les Jaraw (Lions), les Dugaw (Vautours) et les Sulaw (Singes). De toutes ces classes, seule celle des Korègaw (Vautours) a résisté en société autonome, et  intervient en toutes les occasions de la vie sociale des populations. Les Korèdugaw sont en effet une catégorie de sages ayant le privilège de se moquer de tout et de tous. Par leurs parodies, ils tournent en dérision toutes les figures du savoir et du pouvoir qui lui est associé, mangent indistinctement les nourritures accumulées dans un seul récipient. Ils ont le privilège de se conduire comme des enfants.

La retenue, la dignité et la décence sont des valeurs bien ancrées dans la société malienne mais que les bouffons rituels sont autorisés à transgresser dans les domaines les plus sensibles tels que la gloutonnerie, l’hygiène, la sexualité et l’enfantillage. Le korèduga ne connaît pas la honte (malo), une notion qu’on peut traduire par correction, décence, pudeur. Les conduites apparemment aberrantes des korèdugaw ont une vertu cathartique : elles permettent à chacun d’encaisser des critiques et des moqueries qui, si elles émanaient d’une autre personne, seraient considérées comme des offenses graves. Cette forme d’humour est bien plus profonde qu’il n’y paraît à première vue. Ce n’est pas seulement une occupation frivole : c’est une forme de créativité vitale, qui ne met pas en jeu que du jeu, mais une vision du monde puisant à la source de la pureté de la nature humaine, qui semble des fois corrompue par la culture, d’où l’opposition des pratiques des korèdugaw aux normes sociales.

Personnages haut en couleur, les Korèdugaw se distinguent par des chevaux de bois qu’ils enfourchent, des fusils de bois avec lesquels ils mitraillent dans le vide comme pour imiter ainsi les chasseurs ou les guerriers à cheval (sofa), des accoutrements constitués généralement d’une tunique en haillons, d’un pantalon avec la jambe gauche raccourcie, un collier de fèves rouges et blanches (ngo, Canavalia ensiformis) en guise de parure ou de chapelet. La tunique est recouverte d’un filet auquel sont accrochés des coquilles d’escargots, des amulettes, des fragments de calebasses, des bâtonnets, des plumes et des becs d’oiseaux, auxquels s’ajoutent de nos jours des déchets de la société de consommation : sachets vides de thé ou d’eau, boîtes d’allumettes, vieux briquets, canettes, cadre de lunettes, bouteilles de gaz usagées, façade de téléphone ou vieux téléphones portables…Cet arsenal d’équipements extravagants les fait ressembler en contexte de manifestation à une étrange cavalerie.

Une initiation Korè édulcorée existe encore dans certains villages senoufo, bamanan, minianka.

Salia Malé : docteur en Ethnologie et sociologie comparative, Directeur de recherche au Musée National de Bamako

Details
Date: 31 janvier
Time: 17 h 00
évènement CatégoriesAfrique, Danse, Débat, Film, septembre – décembre

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