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16
juin
mardi

Sous les draps du racisme « systémique » (L’art déconfiné)

16 juin @ 0 h 00 - 30 juillet @ 0 h 00

LE DECONFINEMENT DES PAS N’INTERDIT PAS L’ENVOL DES ESPRITS

Chaque semaine, la « famille Arlequin » est invitée à se retrouver autour d’oeuvres numérisées proposées par des artistes de notre environnement spirituel. Cette programmation  d’un nouveau type est née dans la période de confinement imposée par la pandémie de covid 19. Elle a convaincu et se poursuit dans le semi-confinement de l’après-11mai 2020. Elle s’ajoutera sans doute durablement aux représentations en salle après que notre scène aura repris sa vie et ses couleurs.

(sur la photo en tête de page, Stéphane Olry et Marisa Gnondaho Dit Simon, photo de Cécile Saint-Paul)

SEXUALITES COLONIALES – Le 1er mars dernier, l’Arlequin accueillait un de ses derniers spectacles d’avant confinement, « Les petites épouses des Blancs / Histoire de mariage noirs ». Salle pleine. Public conquis. Aujourd’hui, à la suite du lynchage policier de George Floyd, des foules se soulèvent un peu partout dans le monde contre le racisme dit « systémique », celui qui au cours des siècles s’est enkysté dans nos relations et dans nos institutions. La fascinante confidence théâtrale proposée par La Revue Eclair nous fait entrer sous les draps de la domination coloniale (et patriarcale !) – colons de passages, épouses « locales » de circonstance – et dans les secrets qui hantent les fruits de ces rencontres. Il nous a semblé qu’y revenir dans notre programmation L’art déconfiné avait du sens. Nous proposons donc une captation du spectacle à ceux qui ne l’ont pas vu ou qui voudraient le revoir, captation filmée à l’occasion d’une représentation donnée dans un espace non-théâtral, première intention de La revue éclair. Nous l’accompagnons d’un échange avec l’ethnopsychiatre Charles Di qui a accompagné l’écriture de la pièce.

Les petites épouses des blancs / histoires de mariages noirs

de et par Marisa Gnondaho dit Simon et Stéphane Olry
regard extérieur : Corine Miret
scénographie et costumes : Bertrand Renard, assisté de Marine Rieunier
diffusion : Nacéra Lahbib
administration : Catherine Monaldi

Ce sont des secrets de famille. Ils datent d’un temps lointain, le temps des colonies. Ce sont des histoires exotiques, empoisonnées, violentes et parfois douces aussi, car chacun a une mère. C’est une histoire qui commence avec l’esclavage. Nous n’en avons pas fini avec cette histoire. Pour commencer à en finir, commençons par en parler. 

 PROCREATIONS COLONIALES

Depuis plus d’un an Marisa Gnondaho dit Simon et Stéphane Olry se retrouvaient pour converser à propos des concubinages qui ont uni des femmes africaines et des colons durant la période coloniale. Ils sont en effet l’un et l’autre héritiers de cette histoire, mais de manière radicalement distincte. Stéphane Olry est ce qu’on appelle un Blanc, arrière petit fil d’un colon français au Gabon. Les yeux bleus limpides, le teint hâlé de Marisa et son étrange patronyme – Gnondaho Dit Simon – remontent au pseudo-mariage de son arrière-grand-père, un colon, avec une africaine de la colonie du Dahomey. L’un et l’autre ont alors décidé de mener une enquête sur la mémoire de ces « petites épouses des blancs », et sur la postérité de ces « mariages noirs » dans leurs familles respectives. Ils ont conçu le désir d’en tirer un spectacle. Les petites épouses des blancs / histoires de mariages noirs, est un spectacle documentaire qui rend compte de cette enquête et des questions qu’elle soulève. Il peut être joué en appartement ou sur la scène d’un théâtre.

 

SECRETS DE FAMILLE, SECRET DE L’HISTOIRE

Sans pathos ni leçon de morale, ces « histoires de mariages noirs » nous dévoilent des secrets de famille qui sont encore un secret de l’Histoire. On y découvre la torsion que la discrimination institutionnalisée en Afrique par la « patrie des droits de l’Homme » a infligée à nos sentiments, à nos représentations, à nos relations et jusqu’à notre sexualité. Sans doute une des démonstrations les plus efficaces du chemin qui nous reste à parcourir pour faire de notre XXIe siècle le temps des retrouvailles. L’écriture du spectacle a été alimenté par les conseils et les réflexions de l’ethnopsychiatre Charles Di. Pour la programmation « L’art déconfiné » du théâtre de l’Arlequin, les auteurs-comédiens ont demandé à Charles Di d’apporter son commentaire sur le fruit de l’enquête qu’ils avaient menées sur ces situations parallèles.

Sur la photographie de droite, l’arrière grand-père de Stéphane Olry

 

 

Une autre actualité liée à l’Arlequin alimente le débat en cours sur le démontage souhaitable de la structuration de nos représentations et de nos institutions par les siècles où fut affirmée la « suprématie blanche », la sortie de l’essai de son directeur, Jean-Louis Sagot-Duvauroux : L’art est un faux dieu / Contribution à la construction d’une mondialité culturelle (Jacques Flament / Alternative éditoriale, mai 2020).

Que vaut un tableau de maître – objet symbolique destiné à ouvrir l’imaginaire de celles et ceux qui le voient – quand il est placé dans la nuit d’un coffre-fort ? Que dit la fétichisation qui permet d’en faire un bon placement ?
L’auteur y lit la métaphore d’une modernité occidentale épuisée. Il propose une franche rupture avec ces croyances en s’appuyant sur une petite foule d’expériences vécues.
Cet ouvrage est alimenté par son engagement artistique entre Europe et Afrique. Réflexion décoloniale assumée. Remise en cause sans détour de ce qu’est devenu en France un appareil culturel d’État qui peine à mettre en cause le dogme d’une histoire unique de l’humanité et de la culture, universalisme d’alignement sur les paradigmes et les pratiques de l’Occident.
Désacraliser les paradigmes occidentaux de l’art, passage obligé si l’on veut ouvrir la voie vers une vraie conversation des cultures ?

Illustration d’Ibrahim Bemba Kébé

Le livre peut être commandé sur le site de l’éditeur (https://www.jacquesflamenteditions.com/411-lart-est-un-faux-dieu/)

 

 

 

Toujours visible dans le cadre de la programmation « L’art déconfiné ». 

 

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Détails
Début : 16 juin @ 0 h 00
Fin : 30 juillet @ 0 h 00
Évènement CategoriesAfrique, Débat, janvier – mai, Théâtre

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