Vendredi 10 avril à 20h30
JOHN & MARY
de Pascal Rambert
Théâtre tout public, à partir de 12 ans, durée 1h30 – Attention, le dispositif scénique limite le nombre de spectateurs
La sortie de résidence de John&Mary a été présentée en décembre 2024. Cette fois-ci, le spectacle revient, après une nouvelle série de répétitions, dans sa forme finale.
Compagnie BaroDa/Parallèles, avec le soutien du théâtre de l’Arlequin de Morsang sur Orge – Mise en scène : Maria Zachenska – Avec : Karolina Bailly, Daisy Chavanne, Nigel Ducke, Monica Facoltoso, Anne Laplace, Jocelyne Maréchal, Olivier Peigné, Josette Ponsart, Nicolas Struve, Alexandre Velle, Martine Viguier, Maria Zachenska – Scénographie et costumes : Georges Vafias – Création lumière : Pierre Cornouaille
L ‘acte fondamental de cette pièce consiste en l’introduction – flamboyante – de rapports marchands dans la vie sentimentale. Dans la vie sentimentale, qui de plus est, de gens fort exigeants et exaltés, entourés d’un danger mortel dont ils sont les seuls à connaître l’identité.
(Une guerre, par exemple, le front d’une guerre, une épidémie, un accident climatique ?)
Les règles de la tragédie classique s’appliquent tout au long de la pièce : l’unité de lieu, de temps et d’action – et le cercle amoureux. Ce serait comme « du Racine » mais le nouvel élément : l’argent, qui ne joue aucun rôle dans la tragédie classique, fait une entrée fracassante.
L‘argent pervertit ce qui jamais ne devrait l’être : la noblesse du sentiment amoureux. Avec cette fortune colossale, tout vacille, jamais on ne sait qui parle – un cœur amoureux ou la perspective d’un immense luxe?
Chacun, une figure de l’amour et du désir. Les corps se déchirent par la parole. Car « ici on ne tue pas, on blesse » dit le texte – mais il nous trompe aussi puisque la mort attend son entrée, fracassante à son tour.
La langue, l’écriture de Pascal Rambert a la force de violence : les mots sont des poignards, des lances aiguisées, la bouche ouverte de l’enfer. Mais aussi, on fait l’amour dans le texte, littéralement dans le texte, en ne s’écartant jamais de la parole. La langue concrète, aussi bien dans sa sensualité que dans son âpre agressivité que les corps doivent épouser.
L’HISTOIRE
L’homme qui parle en premier aime sa Jeune épousée qui aime L’étranger. Il y a peu, ils s’aimaient tous les trois mais voici que La jeune épousée n’aime plus L’homme qui parle en premier ou bien si elle l’aime encore, elle l’aime un peu moins par contre elle aime de plus en plus L’étranger – qui l’aime au retour.
L’homme jeune évite sa Jeune femme enceinte, il ne veut pas devenir père, cultivant une phobie de la paternité. En même temps, il est l’objet d’une passion folle : oui, L’homme à la main bandée est follement amoureux de L’homme jeune. La femme de L’homme à la main bandée – la Sœur de L’homme qui parle en premier – n’en peut plus de voir son mari follement amoureux de L’homme jeune. Mais aussi, elle aimerait se donner à L’étranger.
Une fortune colossale attend L’homme qui parle en premier, sa Sœur et L’homme à la main bandée le mari de la Sœur. Mais à une condition : il faut partir.
Mais L’homme à la main bandée ne peut pas se décider à partir tant que L’homme jeune n’ait pas fait le choix de partir ou de rester. La femme de L’homme jeune est follement amoureuse de son mari et elle attend son enfant. L’homme qui parle en premier est follement amoureux de sa jeune épousée et n’a aucun doute qu’elle veuille partir, sauf si L’étranger en décide autrement. La Sœur – la femme de L’homme à la main bandée, veut partir mais veut s’assurer que son frère, L’homme qui parle en premier, ne devienne pas majoritaire dans le partage de la fortune colossale, ce qui pourrait arriver si L’homme à la main bandée ne partait pas avec elle mais restait avec L’homme jeune.
Qui prendra une décision ? Quelle sera-t-elle ? Et qui portera le coup fatal ? Puisque chacun veut gagner. En amour, en argent, partout…
Photos John&Mary © Georges Vafias


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