Samedi 28 mars à 20h30
La voix humaine
Opéra de Francis Poulenc sur un texte de Jean Cocteau
Tout public, durée 1h20 – Compagnie Les Sbires Sibériens – Mise en scène Maurici Macian-Colet – Avec Masayo Tago
La Voix humaine a été d’abord un texte de théâtre que Jean Cocteau a écrit en 1928 pour la Comédie française et qui est devenu l’une des œuvres majeures du théâtre du XXème siècle. La pièce nous présente une femme, chez elle, au téléphone.
On assiste à une conversation téléphonique qui s’avère être la dernière conversation que cette femme anonyme aura avec l’homme qu’elle aime et qui vient de la quitter. On peut donc dire qu’il s’agit d’un monologue, même si en réalité nous sommes plutôt devant un dialogue dans lequel nous ne voyons que l’une des deux personnes qui se parlent. Là est précisément l’élément clef de la proposition théâtrale de Cocteau, faite de parole et de silences, où le téléphone est un médium qui nous prive (et qui prive notre personnage, bien sûr !) de l’autre, réduit à une voix lointaine, inaudible pour nous et soumise, pour elle, aux caprices de la technique encore déficiente de la téléphonie (coupures inopinées, croisement d’usagers, mauvaise qualité du son, etc.).
La Voix humaine est donc déjà – malgré la présence fantomatique de cette voix de l’autre qui s’apprête à disparaître – une pièce, avant tout, sur la solitude. À partir d’une situation complètement banale, traduite avec des paroles tout aussi banales, Cocteau réussit à construire une véritable tragédie moderne, poignante et terrible, dans laquelle le personnage de la femme, qui connaît dès le début son destin, s’accroche à un espoir indéfinissable et voué à l’échec : l’espoir peut-être que cette rupture puisse être ajournée à l’infini (tant qu’ils se parlent encore !), l’espoir peut-être que leur rupture soit la plus belle rupture au monde, ou l’espoir tout simplement que l’homme, parti avec une autre femme, finisse par avouer son mensonge et évite ainsi à cette rupture l’iniquité et l’humiliation que notre personnage traîne depuis le début de la pièce…

« Dans le temps, on se voyait. On pouvait perdre la tête, oublier ses promesses, risquer l’impossible, convaincre ceux qu’on adorait en les embrassant, en s’accrochant à eux. Un regard pouvait cha
nger tout. Mais avec cet appareil, ce qui est fini est fini. »
Plusieurs adaptations ont été réalisées de ce texte théâtral, notamment au cinéma, mais l’opéra qu’en a fait Francis Poulenc en 1958 tient une place prééminente parmi ces adaptations et a valu au compositeur ces mots du poète et dramaturge : « Mon cher Francis, tu as fixé, une fois pour toutes, la façon de dire mon texte. » Le chanté-parlé de cet opéra, admirablement réussi, plonge tout de suite le spectateur dans la situation dramatique et crée une sensation d’intimité qui lui permet de suivre « de très près » le parcours du personnage.
L’opéra a d’abord été composé pour un piano et ensuite le compositeur en a faitl’orchestration. À notre manière de voir, c’est la première version pour piano qui correspond le mieux au climat d’intimité que nous cherchons et que propose la partition du personnage du monodrame. C’est la version que nous présentons.
Maurici Macian-Colet

UNE SOIRÉE EN DEUX PARTIES
Les Lettres imparfaites
Texte – Maurici Macian-Colet – Elle – Masayo Tago – Lui – Maurici Macian-Colet – Piano – en cours de distribution – Durée : 25 minutes
LA VOIX HUMAINE
Musique – Francis Poulenc – Texte – Jean Cocteau – Chant – MasayoTago – Piano – en cours de distribution – Mise en scène – Maurici Macian-Colet – Durée : 45 minutes


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