Samedi 17 octobre à 20h30
NOT KOKO’S NOTES
Texte : Elvis Bvouma (Editions Lansman) – Compagnie Théâtre de la Ruche – Mise en scène : Valérie Goma – Collaboration artistique : Anahita Gohari
Avec : Leslie Lambeau ; Véronika Nugent ; Alix Olivier ; Roland ZELIAM Création lumière : Dominique Brémaud assisté de : Alix Olivier Traductions en créole : Jacqueline Triveillot
Inspiré de la vie de Koko Ateba, spectacle parlé-chanté.

La fille veut aller en ville, elle risque de s’y brûler les ailes comme sa mère avant elle, dans un capitale où une simple chanson peut vous jeter en prison.
Koko Ateba, la chanteuse qui a inspiré l’écriture de Koko, est née en 1959 à Zoétélé au Cameroun. Artiste plurilingue, chanteuse et guitariste acoustique . Talk Talk, son premier album, paru en 1986, est considéré comme l’un des plus abouti de la période 1980-1990 et lui promet une carrière internationale. Seulement, en 1988, invitée au palais présidentiel, Koko Ateba va prester le titre Atemengue traitant de de l’infertilité féminine. Accusée à tort d’avoir voulu se moquer de la Première dame, Jeanne-Irène Biya, elle connaîtra la prison et l’exil forcé. En France sa carrière prend un nouveau tournant, mais elle s’éteint sans grande reconnaissance, en 2024.
Elvis Bvouma, l’auteur du spectacle, était enfant lorsqu’elle a été exilée, et en créant Nono, il retrouve l’enfant qu’il a été, fasciné par la chanteuse alors en pleine ascension.
L’HISTOIRE
La petite de la ville aime tellement la chanteuse. On ne voit pas qu’elle vient du village, la chanteuse. Elle sent déjà, la petite, dans le vêtement de son idole, dans sa façon de lever le col, l’étoffe subversive. Ni dissonants ni blessants, les mots d’Elvis Bvouma sont ceux du quotidien : des mots pas compliqués qui percutent et exultent dans la variation.
C’est une langue qui pense en se déroulant, se corrige et s’enfle de son propre élan. Parole peu complaisante, précise et concise, qui pour serpenter jamais ne se perd, toute en colère contenue, en humeurs et en humour, tout en pudeur aussi – qui se tarit brusquement lorsque l’émotion risquerait d’être trop forte Bvouma écrit de la poésie qui se parle.
Spectre entêtant et bienveillant qui traverse le récit, Mbombo, la grand-mère de Koko, glisse sur scène. Pour convoquer cet autre temps, nous lui avons donné une langue d’antan, une langue qui se perd et dessine un outre-monde : le créole guyanais. A travers Koko, elle s’adresse à Nono, la fille du haut dignitaire qui a fait exiler Koko. A hauteur d’enfant la passion pour la chanteuse se déploie en une fable poétique et politique, transmission chorale de générations de femmes combatives.
« Atemengue » – complainte de la femme dont le ventre ne répond pas – est la chanson qui fâche, cause de l’exil. La maternité est interrogée en particulier : si l’absence de descendance crée l’opprobre, peut-elle être un choix ? A qui appartient le ventre de la femme ?


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