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04
octobre
dimanche

Dans la solitude des champs de coton (théâtre)

4 octobre @ 17 h 00 UTC+2
  • Cet évènement est passé

Dimanche 4 octobre à 17h

Théâtre, à partir de 10 ans

Dans la solitude des champs de coton,

de Bernard-Marie Koltès – mise en scène de David Géry

   

Avec Souleymane Sanogo et Jean-Paul Sermadiras – Création au festival des Francophonies de Pondichéry (Inde, mars 2020)

Photos du spectacle Cyril Isy Schwart

C’est à l’occasion de la présentation de La danse ou le chaos (Cie BlonBa / Culture en partage) au Festival des Francophonies de Pondichéry, en Inde, que Souleymane Sanogo et Jean-Paul Sermadiras se sont rencontrés. L’axe Mali-France-Inde se renforce donc, avec de nouvelles représentations de La danse ou le chaos dans, la création de Dans la solitude des champs de cotons et en prévision Kalach story… Une belle histoire de mondialité artistique.

Si un chien rencontre un chat…

« Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu’il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu’ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l’on se voit de loin, où l’on s’entend marcher, un lieu qui interdit l’indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu’ils s’arrêtent l’un en face de l’autre, il n’existe rien d’autre entre eux que de l’hostilité – qui n’est pas un sentiment, mais un acte, un acte d’ennemis, un acte de guerre sans motif. »

Bernard-Marie Koltès

 

Une fable du rapport marchand

 

Dans la solitude des champs de coton met en scène un dealer et un client dans une situation de deal. Le dealer sait que le client désire « est dépendant de » quelque chose qu’il (le dealer) peut lui offrir. Il est cependant dépendant lui aussi du désir du client.

« Et la seule frontière qui existe est celle entre l’acheteur et le vendeur, mais incertaine, tous deux possédant le désir et l’objet du désir, à la fois creux et saillie, avec moins d’injustice encore qu’il y a à être mâle ou femelle parmi les hommes ou les animaux. »

D’où l’analyse de Koltès sur les rapports commerciaux et le marché en général. Plus encore, le rapport humain en général est réduit à un marché entre deux protagonistes. Koltès multiplie les couples d’opposition (dealer/client, homme/animal, mâle/femelle, blanc/noir…). À l’intérieur de ces couples, un seul rapport est possible, le rapport marchand :

« Rencontre de l’offre et de la demande, du marchand et du client, du licite et de l’illicite, de la lumière et de l’obscurité, du noir et du blanc. Alors le dialogue va s’engager parce qu’on se parle ou on se tue…

Ce qu’y a vu le metteur en scène

L’un, le dealer, veut vendre quelque chose qu’il ne veut pas nommer, et l’autre, le client, ne dira jamais ce qui lui manque. Pourtant d’une situation qui ne pourrait durer qu’une poignée de seconde, une relation va se tisser, se développer jusqu’à…

Ce serait alors comme une danse des mots, une danse de l’art de l’argumentation, de la réfutation, du raisonnement par l’absurde, de la puissance du raisonnement syllogistique, une danse de l’art de la diplomatie. Dialogue philosophique, par son infini mystère et son infinie ouverture, Dans la solitude des champs de coton parait un manuel de l’art de la négociation à l’état pur et peut se lire aussi comme l’un des plus stupéfiants traités d’économie sur le fétichisme de la marchandise, le célèbre premier chapitre du Capital.

En seulement trente-six répliques ou trente-six monologues, comme un duel métaphorique sur un ring langagier, juste avant le conflit, juste avant le combat, le constat d’un impossible accord ou d’une impossible résolution ?

Toute l’originalité́, et toute la difficulté́, de la pièce vient du fait que chacun multiplie les hypothèses sur ce que veut l’autre et sur le rôle que joue l’autre. Entre ombre et lumière, entre tentation, méfiance, attirance, séduction, érotisme et rejet, entre ralenti et accélération, immobilité́ et mouvement, entre proximité́ et distance, une danse des mots et des corps dans une épure hypnotique.

Nous ne pouvons comprendre la portée de l’écriture de Koltès si nous ne tenons pas

compte de sa dimension mondialiste, je pense même à son ambition mondialiste, comme Arthur Rimbaud qu’il admirait tant. Aussi souvent critiqué pour une écriture qui semblait noire et pessimiste, je le crois davantage comme un aiguillon qui nous convoque dans le monde et dont l’ambition serait de le ré-enchanter. Et si, Dans La solitude des champs de coton, n’était pas une discussion avant le combat, une scène d’exposition avant le conflit, mais n’était, par l’épuisement de la parole, la transformation par le langage, l’épuisement des différences jusqu’à la reconnaissance, avant l’entente, avant l’union ?

David Géry, metteur en scène

Réservations recommandées

En raison des règles sanitaire, la jauge de l'Arlequin est réduite à une soixantaine de places, il est donc prudent de réserver. Les billets sont achetés sur place au tarif de 2€, 5€ ou 10 € au choix du spectateur, 1€ pour les moins de 12 ans. Le placement est libre. Les places réservées doivent être retirées 10 mn avant le spectacle. Ensuite, elles peuvent être remises à la disposition du public.

 

 

Details
Date: 4 octobre
Time: 17 h 00
évènement Catégoriesseptembre – décembre, Théâtre

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