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30
octobre
samedi

L’ORDINAIRE (Théâtre)

30 octobre @ 20 h 30 CEST

samedi 30 octobre à 20h30

Théâtre tout public

L’Ordinaire

de Michel Vinaver – Cies BaroDa et Parallèles – Mise en scène : Maria Zachenska – Avec Stéphane Dausse, Didier Dugast, Laurent Suire, Juliette Argée, Josette Ponsart, Monica Facoltoso, Jocelyne Maréchal, Daisy Chavanne, Philippe Escudié, Anne Laplace, Reinold Bitan, Martine Viguier, Micheline Guyonvarch, Josiane Krief, Georges Bahloul, Monique Mallet, Jacqueline Ibos.

Une histoire et un projet peu ordinaires

Comédiens, élèves de théâtre et amateurs jouent ensemble cette comédie chorale, peuplée de survivants et de mourants, un parallèle entre le crash de l’avion FAU571 et l’effondrement des vieilles hiérarchies de notre société.

La perspective d’une journée de survie va jusqu’au soir. Elle se prolonge jusqu’au matin, à condition de survivre la nuit.

Nous ne pensions pas vivre la survie. Pas en 2020, pas en France, pas aussi massivement.

C’est ce que je me disais, au fond de mon lit, accrochée aux nouvelles de la radio et de la télé, le virus grignotant mon souffle…

Au départ, un vrai crash d’avion dans les Andes

L’histoire est connue. Authentique. L’avion fait un crash dans les Andes et ceux qui survivent, restent coupés du monde et dans des conditions inimaginables se battent pour cette survie. Ceci est réellement arrivé, à l’équipe de rugby d’Uruguay. Cela a donné un film, « Les Survivants ». Mais Vinaver ne met pas dans l’avion une équipe de sportifs mais l’équipe dirigeante d’une multinationale et ensuite en fait une magnifique pièce sur l’effondrement des hiérarchies.

La volupté du jet privé, avec les corps élégamment disséminés dans l’intérieur feutré, tout cuir et bois laqué. La volupté de décider le cours de la vie des gens, avec une légèreté vertigineuse, juste en bavardant autour d’un verre.

Et ensuite ça arrive. L’accident, les morts, les blessés, l’avion en morceaux, la neige, l’inventaire des vivres, le poste émetteur, le bricolage des objets, l’éreintante fabrication de l’eau. Mais toutes ces activités vitales, primordiales, indispensables ne sont qu’un bruissement lointain. Devant nous se déploie le théâtre de l’âme et la longue chute vers la paix ultime.

Les hiérarchies perdent la tête

C’est un texte qu’il faut dire avec passion et délicatesse et ainsi il fera résonner la profondeur de son intelligence.

Il faut décidément avancer vers un résultat comique – mais pas ouvertement comique : secrètement comique. Il faut investir les mots d’une telle passion qu’ils trahiront la vacuité et la bêtise des propos, comme des mythologies personnelles de succès, des mythologies personnelles de dons hors du commun, des fantasmes sexuels, des fantasmes de puissance, des fantasmes aussi honteux que pénibles, des fantasmes qui tuent.

Il n’y a que la délicatesse qui pourra nous empêcher de nous retrouver dans une farce stridente et baveuse. La délicatesse vis-à-vis de ces malheureux naufragés. Et aussi la délicatesse de cette écriture qui, s’attachant au concret des actions dans un semblant de déroulement logique, monte souvent vers les hauteurs de vue dignes de plus beaux poèmes.

Maria Zachenska

 

Details
Date: 30 octobre
Time: 20 h 30

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