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15
mai
dimanche

ZONES DE GUERRE (théâtre)

15 mai @ 17 h 00 CEST

Le dimanche 15 mai 2022 à 17h

ZONES DE GUERRE 

Un projet de et avec Séverine Batier & Serge Cartellier – Mise en scène Séverine Batier, Serge Cartellier et Sophie Faria – Lumière : Bilal Dufrou – Dramaturgie : Séverine Batier – Lumière : Bilal Dufrou – Photos : François Boulay

Théâtre de Buée & La Fabrique SoMArT

avec le soutien des Rencontres Artistiques d’ Ile de France, Scènes sur Seine #2,#3 & #4 / Synavi – Anis Gras, le Lieu de l’autre, Arcueil – Théâtre de l’Arlequin, Morsang sur Orge – Et le Fonpeps (dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique de spectacles vivants) – Merci à « Attention Travaux « , Les plateaux de l’Essonne 2021 – La Fabrique du Silo, Méréville

 

ILS ONT OSE LE DIRE

La guerre c’est la paix1984, Georges Orwel 

L’ennemi avance, nous reculons. L’ennemi s’immobilise, nous le harcelons. L’ennemi s’épuise, nous le frappons. L’ennemi recule, nous le poursuivons – Mao Zedong

That others may die (Que les autres meurent) – Ecusson du drone MQ 9 REAPER 

On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la Volupté – Louis Ferdinand Céline 

 

Zones de Guerre, Intentions 

Zones de guerre est un spectacle kaléïdoscopique qui interroge les modifications que connaissent les conflits armés, naguère circonscrits dans le temps et l’espace, désormais diffus, partout menaçants. Le spectacle est inspiré de nombreux textes et situations. Sa création est en cours au moment où ces lignes sont écrites. Surprise !

Ce qu’en dit l’équipe de création

Nous voulons parler de la guerre ; c’est quelque chose que nous ne connaissons pas et qui nous encercle. Qu’est-ce que la guerre d’hier et celle d’aujourd’hui ? Jusqu’à peu, les zones de guerre étaient à peu près circonscrites dans le temps et l’espace mais il semble qu’elles deviennent perpétuelles et qu’elles s’étendent sur la surface de la terre. Avec les changements techniques, stratégiques, politiques, la guerre ne distingue plus vraiment les civils des militaires, elle se fait avec des mercenaires, ou des avions « télécommandés à distance », contre des ennemis qui ne sont pas reconnus sous forme d’Etat. Sans but apparent, elles perdent tout sens mais sont toujours terriblement meurtrières. 

Nous partons à hauteur d’homme, en nous appuyant sur des récits de soldats, d’auteurs qui ont écrit la guerre, sur des travaux d’essayistes qui ont pensé cette évolution. Le projet est en cours mais la période choisie part des batailles napoléoniennes de terrain et va jusqu’aux attaques dématérialisées de drones. 

 

Nous sommes très frappés par l’évolution du discours autour de la guerre, de la mise en œuvre des conflits et de la technicité élaborée qui éloigne de plus en plus l’individu de l’expérience somatique de la guerre. 

Cette évolution est foudroyante et il apparait que nous – individus blancs occidentaux et protégés – en sommes toujours à penser champs de bataille avec ses zones délimitées et respectées. Nous serions encore dans l’éthique de l’armée de conscrits alors que les états-majors – sensibles au terrain – sont soumis aux décisions d’experts géopolitiques assis dans leurs bureaux et que nos gouvernants nous laissent ignorants des décisions qu’ils prennent en nos noms. 

Zones de guerre est pour nous une manière de remettre en débat la guerre, de se réapproprier ce champ de la citoyenneté, dont les peuples ont été exclus au fur et à mesure qu’ils ne participaient plus à la guerre. L’idéal « du zéro mort » de notre côté ne peut justifier les exactions commises au bout du monde. L’introduction du drone létal depuis les années 2000 soulève des questions éthiques dans tous les pays occidentaux, surtout lorsqu’on voit ces objets envahir aujourd’hui les champs de la surveillance et de la répression. Il y a nécessité à se réapproprier ce champ, à faire connaître ces dérives. 

Nous abordons la thématique de la guerre de manière kaléidoscopique, c’est-à-dire en juxtaposant et en mettant en dialogue plusieurs formes textuelles ou scéniques comme par exemple : 

  • –  Un changement de focale entre l’individu et la masse dans la complexité de la bataille. On s’appuie sur des récits de batailles et des points de vue individuels. 
  • –  Un regard sur l’évolution sociologique – politique de l’art de la guerre. Comment s’est perdue la notion d’armée – de service national – de devoir à la patrie ? Sur quels principes reposait l’art de la guerre au cours des siècles ? Ici on s’appuie plus sur des essais sociologiques ou historiques. 
  • –  Un aspect plus sensoriel direct que nous pourrions nommer le hors champ de la guerre : par exemple la situation théâtrale / performative dans laquelle prennent place ces textes – des chansons d’amour qui s’écoutent – des bruitages qui s’inventent – un duo de personnages qui évoluent ensemble- la carte d’une bataille qui se dessine. 
  • –  L’improvisation en mouvement au contact du texte enregistré ou dit en direct, est aussi un pilier de notre recherche. 

Une dramaturgie en deux parties

Le projet a débuté lors d’une série de lectures présentées dans le cadre de l’édition 2018 des Rencontres Artistiques en Ile de France/Scènes sur Seine sous le nom de Ar(s)T Bellicas.
Cette forme a reçu un accueil chaleureux et enthousiaste et a confirmé notre envie de poursuivre ce travail et d’imaginer une proposition scénique qui a pris le nom de Zones de Guerre. 

Zones de Guerre est en deux parties. Une partie qui juxtapose la bataille de Borodino, la première que perdit Napoléon en 1812 en Russie, avec le récit du Sergent Bourgogne qui participa aux campagnes de Napoléon et témoigne de son périple, confrontés à l’expérience de Louis Ferdinand Céline pendant la guerre de 14, simple soldat horrifié de se retrouver entre les balles. Première conscience à ma connaissance d’un « lâche » au milieu de la guerre. Scéniquement, la Bataille de Borodino est peinte en direct sur un plastique transparent ; la « route » où Céline essuie ses premières balles est symbolisée par un rouleau de papier blanc. Différentes zones apparaîtront ainsi au fil du spectacle. 

Un grand saut spatial et temporel sépare la seconde de la première partie. 

Nous nous retrouvons au Liban en 85 avec l’expérience de Yussef Bazzhi engagé à 18 ans dans une guérilla qui le dépasse, où l’on sent un changement technique de la manière de se battre et où on a du mal à identifier les belligérants. 

Nous passons ensuite à aujourd’hui avec le discours d’un sergent instructeur de l’armée américaine qui explique aux jeunes recrues expertes en jeu vidéo à vision subjective que les avions c’est fini et qu’ils sont là pour piloter des drones et pour tuer. Suivi d’un discours de David Kilcullen, spécialiste de la doctrine contre insurrectionnelle, conseillé du général Pétraus en Irak en 2009 qui explique comment sont choisis les terroristes présumés pour être condamnés à mort et tout le dispositif de surveillance mis en place par analyse de big data pour les dénicher. 

Des témoignages de la vie sous les drones au Pakistan (issus de Théorie du Drone de Grégoire Chamailloux) puis l’analyse de la bataille d’Hajin en Syrie menée par la coalition internationale sous la houlette des américains contre Daesh en 2018/19 et critiquée par un militaire français François Régis Legrier. La même carte que Borodino est employée pour parler de la localité d’Hajin. Comme à Borodino, la rivière où se déroule la bataille est en forme de V. 

Un témoignage d’un « revenu » français du Djiadisme s’entremêle à la bataille d’Hajin. 

Enfin Zones de Guerre s’achève par l’évocation d’un mercenaire français en Afghanistan et de son expérience face à la haine des populations alentours issu d’Un dieu un animal, de Jérôme Ferrari. Le début de son texte ouvre d’ailleurs le spectacle, exprimant son incapacité à retrouver sa vie d’avant, à son retour en Corse dont il est originaire, après cette expérience. 

Zones de Guerre a été accueilli en résidence à Anis Gras, Le Lieu de l’autre en février et juin 2019 puis en août et septembre 2020. Merci à Catherine Hass, à Stéphane Olry et à Corine Miret pour leurs précieux conseils bibliographiques. Production : La Fabrique SoMArT & Théâtre de Buée 

Les textes qui l’ont inspiré 

Guerre et paix de Léon Tolstoï – Un dieu un animal de Jérôme Ferrari – Mémoires du Sergent Bourgogne (campagne de Russie 1812/1815) – Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline – Poèmes in Le Guetteur Mélancolique de Guillaume Apollinaire – Le grand combat, poème d’Henri Michaux – L’Art de la guerre de Sun Tzu – Théorie du drone de Grégoire Chamailloux – Aujourd’hui la guerre de Catherine Hass – Histoire du corps de Georges Vigarello, Alain Corbin, Jean Jacques Courtine – Une histoire de la guerre du 19e à nos jours, de Waterloo au drone, corpus dirigé par Bruno Cabanes – Yasser Arafat m’a regardé et m’a souri de Yussef Bazzi – Les Revenants de David Thompson – L’invincible de Stanislas Lem – Histoire militaire de la France d’Olivier Wievorka, d’Hervé Drévillon – Discours de GW Bush, Clinton, Hollande, Valls… 

 

Le théâtre de l’Arlequin est associé à l’éditeur numérique malien BiBook qui ouvre largement l’accès au livre et à la lecture en Afrique et qui propose aux lecteurs français des ouvrages de qualité pour comprendre les civilisations africaines. Application gratuite à télécharger sur téléphone ou tablette, disponible sur AppStore et PlayStore.

 

Pour contribuer à l’action de BiBook en faveur de l’accès au livre et à la lecture en Afrique, c’est ici (cliquer sur le lien ci-dessous, on a besoin de vous) :

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Details
Date: 15 mai
Time: 17 h 00
évènement Catégoriesjanvier – mai, Théâtre
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